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Depuis le confinement les NFT battent des records de vente. Pourquoi un tel engouement ? Les Non Fungible Token sont des objets à qui l’on attribue un code unique et qui peut être tracé à tout moment. Ils garantissent aux acquéreurs la rareté et l’authenticité de l’œuvre.

Qu’il s’agisse d’une image, d’une vidéo, d’une musique…  et même de contenu pour adultes ! La marque Visa a déboursé pas moins de 150 000 dollars pour acquérir l’image d’un punk virtuel, le fameux CryptoPunk 7.610 et des artistes inconnus, se sont ainsi transformés en superstars de l’art.

Avec son collage vendu 69,3 millions de dollars chez Christie’s, le britannique Beeple est devenu le 3e artiste le plus cher du monde derrière Hockney et Koons. Les marques de luxe les plus innovantes ont vite vu l’intérêt. Breitling délivre un certificat NFT, impossible à contrefaire ou à reproduire, à réception de la montre. Gucci, cible la Gen Z et propose une paire originale pour une dizaine d’euros en réalité augmentée via un filtre Instagram ou Snapchat. Nike va plus loin avec des sneakers physiques pouvant aussi être portées par votre avatar dans votre jeu vidéo favori. S’afficher aujourd’hui avec un crypto-achat en photo revient à s’afficher pour d’autres au volant d’une Lamborghini « IRL ».

Alors si le futur des marques s’annonce immatériel, la valeur de la création, elle, restera bien tangible !

Photo © RTFKT STUDIOS

Uber, Lyft, Lime, Dott, Jump, Tier, Bolt, Bird, Wind, Yego, Pony… si vous avez déjà été frôlé au mollet par une trottinette électrique, ou pris un VTC censé arriver en 3 minutes, vous avez peut-être remarqué que la mobilité urbaine s’écrit désormais en quatre lettres.

Est-ce par mimétisme avec Uber, premier disrupteur sur le marché (comme jadis le double “o” de Yahoo! et de Google a inspiré Ooshop, Wanadoo, Deliveroo, Goop…) ? Est-ce pour avoir un impact visuel et valoriser la rapidité dans la jungle urbaine ou simplement par manque de place sur la tige verticale de la trottinette ?

Toujours est-il qu’avec un produit et des offres sensiblement identiques, et à défaut de se distinguer sur le nombre de lettres, afficher sa couleur est devenu l’arme de reconnaissance absolue pour marquer son territoire. Jump, après avoir ouvert le bal avec son rouge fluo visible depuis la lune, a depuis été cédé à Lime, qui a imposé une nouvelle livrée en dégradé avec son vert fluo : indigestion garantie. Seul Dott a opté pour une flotte multicolore, en jouant la palette plutôt que le color-block.

– La raclette à la bougie c’est LE partenaire officiel de « la vie d’après ».

– J’ai lu qu’en 2016 un suisse a paralysé tout le réseau Est du TGV en branchant une raclette dans le train. Depuis il est interdit de brancher des sèche-cheveux, des micro-ondes, des bouilloires électriques…

– Je te crois car la mienne fait systématiquement sauter les plombs de mon appartement !

– En espérant que ça ne fasse pas sauter les plombs du Métaverse parce qu’on ne pourra pas tester la méta-raclette.

– Sinon le gang No Diet Club organise deux fois par semaine un marathon raclette !

– C’est aussi la tendance des hot-fondues, perso je goûterais bien le sandwich raclette !

Les formes ondoyantes et enchevêtrées, les enroulements et arabesques reviennent en force dans la création typographique. Leurs dernières apparitions datent de la Belle Époque avec l’essor de l’Art Nouveau -dont la Samaritaine récemment rénovée est le nouveau temple- et des années 60-70 avec les affiches psychédéliques de Wes Wilson pour les Jefferson Airplane, Jimi Hendrix ou les Grateful Dead.

Sur l’axe Paris-Berlin, cette tendance est très bien représentée par la police de caractère Pilowlava conçue par Jérémy Landes et Anton Moglia et la police Digestive du Studio Triple plus “nouille”.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’esprit West Coast n’est sûrement pas neutre dans la création de Cheee et Eckmannpsych, (James Edmonson, Ohno Type Co.)

Mais peut-être le plus remarqué et le plus élégant des lettrages mous est à chercher du côté de Margot Lévêque, récemment diplômée de l’ECV, qui a dessiné une cinquantaine d’esperluettes éblouissantes pour l’identité de l’agence &Walsh.

Une envie d’ornement pour combattre la perfection digitale ?

Photo © Margot Lévèque

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